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Monthly Archives: mai 2016

Cap au Nord-Est !

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Et voilà … je mets aujourd’hui le cap au nord-est pour 3 semaines de navigation vers l’île de Flores aux Açores.

 

Je n’ai pas réussi à mettre à jour mes « aventures » sur le blog. Désolé. Du coup c’est des Açores que je le ferai.

 

Il me reste à vous parler de la Guadeloupe, d’Antigua, de St-Kitts et Nevis, de Statia, de St-Martin, de Tortola, Virgin Gorda et Jost van Dyke, puis d’Anguilla, …

 

A bientôt,

 

Thierry

 

La Dominique

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Île montagneuse et impénétrable, la Dominique (Dominica en anglais) est ainsi appelée car découverte un dimanche. Christophe Colomb ne fit que la contourner.

Son histoire est différente de celle des autres îles : Ici, les Caraïbes surent se défendre avec férocité et conservèrent une partie de leur territoire.
Aujourd’hui, ils seraient encore quelques centaines à conserver leurs particularités d’origine : teint jaune, cheveux lisses, yeux bridés.

 

Indépendante depuis 1978, la Dominique n’a toujours pas très bonne presse auprès des navigateurs, pour des raisons d’insécurité. Cependant j’avais lu qu’à Portsmouth, au nord-ouest de l’île, les choses avaient considérablement évolué, notamment grâce à la création d’une association dont les membres assurent sur l’eau l’accueil des plaisanciers et la sécurité de la baie.

 

Je quitte donc St-Pierre en Martinique le 2 avril en ayant 55 nautiques à parcourir. La Dominique, est déjà bien visible.
Dès la pointe nord de la Martinique, je touche un alizé bien établi entre 20 et 25 noeuds, et, au grand largue, Edelwenn trace un joli sillon entre les 2 îles. J’avais pris une route assez ouest espérant ne pas être trop déventé sous le vent de la Dominique. C’est raté, la remontée de l’île se fera au moteur, je me suis rallongé pour rien.

 

Une surprise au passage, mon compas s’est inversé pendant 4 ou 5 milles, confondant le nord et le sud ! Celui du pilote automatique n’a par contre pas bronché. Je n’ai aucune idée de ce qui a pu se passer.

 

La Dominique apparaît très montagneuse et surtout très verte !

 

J’arrive à Prince Rupert Bay, devant Portsmouth, plus tôt que prévu, et je suis accueilli par « Providence », l’un des membres de la Portsmouth Association of Yacht Services (PAYS).
Après m’avoir aidé à prendre une bouée et m’avoir laissé le temps de ranger le bateau, Providence (Martin de son vrai prénom), me propose de m’emmener à la douane pour les formalités d’entrée. Il m’explique également qu’il organise une visite de la Rivière Indienne. C’est exactement pour ça que je suis là. Il passera donc me prendre sur le bateau demain matin.

 

Il y a une bonne trentaine de voiliers dans la baie, pratiquement tous britanniques, alors que nous sommes entre la Martinique et la Guadeloupe ! La promotion de la Dominique est vraiment à faire auprès des navigateurs français.

 

Le lendemain, je venais à peine de me lever quand Providence arrive.
« Toujours intéressé par la Rivière Indienne ?
- Oui ! À quelle heure ?
- Tout de suite.
- !!!
Il est 6h00, tant pis pour le p’tit déj …

 

Providence m’a « inséré » dans un groupe, 3 couples anglais qui s’avéreront vraiment charmants et très accueillants pour le Frenchie que je suis. Plus tard, ils me diront qu’ils sont vraiment contre le « Brexit », tout s’explique !

 

Nous arrivons au moteur à l’embouchure de la rivière, puis Providence sort les rames. Nous entrons dans un paysage vraiment exotique, sans bruit sauf le chant des oiseaux. A cette heure-là la température n’est pas encore trop chaude, ce qui est bien agréable, et la lumière est belle.
Au rythme lent du speed-boat devenu simple barque, nous voyagerons pendant 2 heures en dehors du monde et du temps, un décor de « Pirates des Caraïbes » contribuant à cette drôle d’impression, ainsi que la présence obstinée d’un des figurants du film (cherchez bien sur l’une des photos !) …

 

Sur le chemin du retour, notre ami « Providence » nous propose un snorkeling. Tout le monde est partant (effet de groupe !), et rendez-vous est pris pour un peu plus tard.

 

Providence nous conduira successivement sur 2 sites. Les fonds sont très beaux, mais il y a moins de poissons qu’en Martinique. Chose surprenante, nous sommes littéralement saisis de temps en temps par un courant « froid » ! J’imagine qu’il devait être à 20° …

 

Les propositions de l’association PAYS s’enchaînent : Ce soir, barbecue sur la plage, demain excursion en minibus. Toujours l’effet de groupe : Nous nous inscrivons.

 

Arrivé sur le lieu du barbecue, mes anglais m’invitent à leur table. Tout est « à volonté », le poulet ou poisson grillés, et … le punch ! C’est très efficace, je me surprends à parler anglais comme jamais …

 

Le lendemain, on sent que le réveil a été plus difficile, mais tout le monde est là pour la journée-excursion. Un couple espagnol s’est joint à nous. Au total, la journée aura été un peu longue. Beaucoup de temps en bus, mais il est vrai que la vitesse sur les routes plutôt étroites ne dépasse pas les 50 km/heure et la moyenne doit être à 35 à tout casser.

 

Le 1er détour de notre mini-bus est pour la maison de Elizabeth Ma Pampo Israel, fille d’esclaves, qui, selon les Dominiquais est la recordwoman de longévité, décédée à 128 ans en 2003. Apparemment cette « performance » n’aurait pas été homologuée pour des raisons d’état civil …

 

La forêt tropicale est vraiment dense, le relief accidenté.

 

Nous nous arrêtons pour voir quelques beaux points de vue sur la côte. Nous visitons une sucrerie en ruine, vestige de l’activité principale sous l’ère coloniale, puis une fabrique de chocolat, dont nous ne verrons que les plantations (noix de cajou, caféiers, et bien sûr cacaoyers), et … la boutique.
Près de là, nous découvrons une partie originale de la côte, dont la couleur ocre, parfois presque rouge, créé un contraste saisissant avec le bleu du ciel et celui de la mer.
Plus loin, une courte randonnée nous emmènera jusqu’à une cascade située au fond d’une gorge assez impressionnante.
Nous traverserons le territoire Caraïbe, mais l’entrée dans le principal village est payante ! Nous décidons de continuer notre route …
Le style de nombreuses personnes de cette région nous fait immédiatement penser aux indiens d’Amazonie.
Au retour, nous longeons la côte ouest et nous voyons les énormes dégâts provoqués par la tempête tropicale Erika, qui provoqua un véritable déluge sur l’île il y a 8 mois à peine. La Dominique est parcourue par de très nombreuses rivières et un nombre impressionnant de ponts ont été emportés. Par ailleurs, cette tempête a créé une longue plage de sable gris, repoussant la mer de plusieurs mètres.

 

Un arrêt pour jeter un œil sur une petite pointe orientée plein ouest, qui avait été « déguisée » en vaisseau de guerre par le fameux Rodney. Cela aurait trompé la Marine française pendant un certains temps …
Mmouais … admettons.

 

Nous apprenons aussi que la Dominique possède une Université de Médecine, très courue par les riches étudiants américains compte-tenu paraît-il de la qualité de ses enseignants (américains) ! L’accès à cette université est très, très cher, sauf pour les Dominiquais pour lesquels elle est gratuite. J’ai su plus tard qu’il y a d’autres universités de médecine américaines aux Antilles, à Grenade, à Saba, et à St-Martin. Bizarre.

 

La Dominique est, plus pour son intérieur que pour sa côte, une très belle île, et sans doute la plus préservée de tout l’arc antillais (il n’y a pas, ou très peu, de plages de sable clair, ce qui la protège du tourisme de masse). Elle m’a semblé aussi l’une des plus accueillantes.

 

Le 5 avril, je mets à nouveau les voiles en direction de Pointe-à-Pître.

 

A bientôt,

 

Thierry

 

 

De Grenade à la Martinique

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La remontée des Îles au Vent (le sud des petites Antilles) se fait théoriquement plutôt contre le vent. J’avais donc pris le parti de brûler quelques étapes en descendant, afin au contraire de naviguer vers le nord par sauts de puce.

 

Après Carriacou et un petit crochet pour photographier Sandy Island et quelques beaux voiliers (de styles bien différents !), je m’arrête le 16 mars sur Union Island, et plus exactement à Chatham Bay, sur la côte ouest. De l’eau claire, une plage, des cocotiers, la forêt. Personne n’habite là. Pas de « vendors » sur l’eau ni de boat-boys. 3 ou 4 petits restaurants tout de même, mais qui ferment tôt. Une fois leurs lumières éteintes, il ne reste que les voiliers. Nous sommes 3. C’est, j’imagine, ce que vivaient partout les navigateurs, moins nombreux, qui croisaient aux Antilles il y a peut-être 20 ou 30 ans seulement. La mer, le vent, les oiseaux pour la musique. 3 feux de mouillage qui dansent sous le regard scintillant de milliers d’étoiles … Voilà l’atmosphère ce soir-là à Chatham Bay. Pratiquement à chaque étape j’aurai entendu ou lu « Welcome to Paradize ! ». Parfois on se dit que ce n’est pas exagéré …

 

En mouillant à Chatham Bay, je voulais éviter le très probable encombrement de bateaux dans le mouillage le plus couru, situé sur la côte est d’Union Island, devant Cliffton. Réussite !

Par contre, Union Island dépendant de Saint-Vincent, je dois effectuer les formalités d’entrée, et pour cela me rendre à Cliffton. A pied.
La distance n’étant que de 4 km ou 5 km, cela ne m’inquiétait pas. Sur la plage, la patronne d’un des restaurants me propose de m’y conduire, moyennant finances. Je décline l’offre, et elle, goguenarde, me lance « Ok man, walk ! » Elle savait, elle, que le 1er kilomètre est vraiment redoutable. Un chemin plein d’ornières, caillouteux au possible, et … terriblement abrupt. Même avec le gros 4×4 que j’avais aperçu en bas, remonter cette pente ne doit pas être simple. Arrivé en haut, psychologiquement, on a fait les 4/5 du chemin, alors que c’est ce qu’il reste à parcourir … pour l’aller, et tout ça sous un soleil de plomb.

 

Quelques très jolis coups d’oeil au passage, sur Chatham Bay, sur la côte Est, puis sur une très jolie petite plage située au nord.

 

Un bureau des douanes est ouvert à Cliffton, mais pour l’Immigration, il faut tout de même aller à l’aéroport. Je ne suis plus à 2 kilomètres près ! Je fais ce bout de chemin avec un autre français, et ça fait du bien de parler dans une langue qu’on maîtrise à peu près !
Sur place, une grande plaque inaugurale précise que l’aéroport a été financé par la République Populaire de Chine ! On peut se demander en échange de quoi ???

 

Les formalités enfin faites, je m’en retourne vers Chatham Bay. Rencontre insolite dans un village : Un homme, assez jeune, m’interpelle avec une certaine véhémence. Il parle fort et vite, du coup je ne comprends pas tout. J’ai principalement capté que je marchais à gauche et que c’était bien parce que les voitures roulaient à gauche, mais que cela avait été imposé par les Anglais. Que j’étais sûrement riche et qu’il pourrait me tuer mais qu’il ne le ferait pas. Le monologue terminé, nous nous sommes quittés courtoisement. 2 remarques : Depuis mon arrivée aux Antilles, c’est ma seule expérience un peu agressive. Ne pas tout comprendre, et surtout ne pas pouvoir répondre conduit à rester flegmatique et souriant ! Hem, y serais-je arrivé si mon « interlocuteur » s’était exprimé en Français ? …

 

Arrivé (enfin) à Chatham Bay, je repasse à côté du Resto de tout à l’heure. La patronne, Vanessa je crois, m’interpele à nouveau : « We have lobsters (langoustes), are you interested ? »
Bizarrement,là, j’ai immédiatement su quoi répondre : « Yes, I am !!! ». Rendez-vous est pris pour un peu plus tard, le temps d’une baignade …
La cuisine dans ce petit Resto de plage est vraiment succulente, et le service est rapide et cordial. Pendant que je me régale béatement, « Le soleil s’effondre dans la mer » (Alain Souchon) …

 

5 petits milles seulement pour aborder l’île de Mayreau à Salines Bay, dès le lendemain 17 mars.

 

Changement d’ambiance, il y a plus de monde et l’unique village (200 habitants) surplombe le mouillage. Cité par tous les guides, le bar « Rasta » est un passage obligé. Déco originale,
on sent que certains soirs il doit y avoir une « ambiance ». Moi, je m’y suis surtout battu avec un escadron de moustiques particulièrement voraces et bien organisés. Harcelé, dominé, j’ai pris la fuite et me suis réfugié à bord ! Heureusement, au mouillage, il est bien rare d’être embêté par ces agaçantes bestioles.

 

Le 18, encore une courte distance pour rejoindre Charlestown Bay, à Canouan.
N’ayant pas tout à fait les mêmes charmes que ses voisines, Canouan a fait le choix du tourisme de luxe, et hors 3 ou 4 gros complexes hôteliers (dont un comprend un golf 18 trous …), le voyageur de base n’a pas grand chose à y découvrir. Il est vrai que question jolies plages, la barre est monté très haut ces dernières semaines !
J’y ai également vu un fameux-3-mâts-fin-comm’-un … et son annexe, qui devait déjà valoir son pesant de noix de muscade !

 

Le 19, 20 nautiques pour retrouver Bequia et Port-Elizabeth. J’y reste 2 jours pour profiter de ma dernière escale dans les Grenadines.
A la nuit tombante je vois passer une annexe sans passager, poussée vers le large par le vent qui souffle bien. J’aperçois un « vendor » à proximité et lui fait signe. A la rame (des avirons qui doivent peser un âne mort), il met du temps à la rattraper. Le retour face au vent est vraiment difficile et je ne suis pas loin d’y aller avec ma propre annexe. Lorsqu’il se trouve enfin à mon niveau, je m’aperçois que l’homme doit bien avoir 60 ans et qu’il est habillé de haillons. Il est exténué. Je lui propose d’amarrer l’annexe à Edelwenn. Il se met, alors que la nuit est complètement tombée, à la recherche du propriétaire. Une ½ heure plus tard, je le vois revenir, toujours à la rame, avec le propriétaire comme passager (au moins 90 kg de plus à déplacer …), russe ou polonais apparemment, mais étonnamment ne parlant pas un mot d’anglais.
Le lendemain soir, le courageux vendor, revient me voir. Je lui demande si le navigateur auquel il a rendu un sacré service a été correct. Non, me dit-il (annexe et moteur hors-bord, cela aurait pourtant mérité une gratification substantielle), mais il tient absolument à me remercier pour mon « aide », et insiste pour me donner 4 citrons verts. Il semble sincèrement heureux d’avoir aidé quelqu’un. Touchant.

 

Le 22, 10 milles seulement à effectuer. Vent de travers 25 à 30 noeuds, et des creux de plus de 2 mètres, les vagues jouant à saute-mouton avec Edelwenn. Le soleil faisant son œuvre, j’arrive au mouillage de Young Island, au sud de St-Vincent, sec, mais recouvert de sel des pieds à la tête !

 

Young Island est une toute petite île, privatisée par une résidence hôtelière, accueillant paraît-il de nombreux jeunes couples d’américains aisés qui viennent y passer leur lune de miel. Ngolo Ngolo dans la case, donc ? (Pardon)

 

Le temps change et devient souvent pluvieux. Ça rafraîchit et ça désale ! J’ai néanmoins 2 objectifs de visite : Kingstown, la capitale de St-Vincent, et l’îlot Duvernette.

 

Kingstown est appelée la “ville aux arcades”. Il y en a de nombreuses effectivement, mais de styles assez hétéroclites. La ville est un énorme marché, il y a des vendeurs (de tout, fruits, légumes, bijoux de pacotilles, chaussures et autres vêtements, …) sur tous les trottoirs du centre-ville. J’ai omis de photographier (il pleuvait des cordes) la place « officielle » du marché, qui compte un nombre faramineux d’étals. La diversité des produits n’est pas grande, du coup la concurrence doit être vive, et il m’a semblé que ça se chamaillait pas mal entre commerçants. On sent que la vie est dure et que les parts du gâteau sont minuscules pour beaucoup.

 

Je ne crois pas l’avoir déjà évoqué, mais la religion est vraiment très présente aux Antilles. Je devrais plutôt dire « les » religions. Il est très fréquent de voir l’une à côté de l’autre, une église catholique romaine (souvenir des Français), une église anglicane (héritage britannique), et un temple protestant (là, je ne sais pas d’où ça vient ?). J’ai même vu des « Salles du Royaume » (Témoins de Jéhovah) à plusieurs endroits, y compris sur des îles minuscules. Le dimanche, souvent, les gens qui bossent écoutent, sur leur lieu de travail (et très fort de préférence), la messe à la radio ou la télévision.
A Kingstown, la Cathédrale romaine, dont l’architecture est vraiment bizarre, est extérieurement particulièrement lugubre. A l’intérieur, la clarté surprend et on se demande si on est bien dans le même édifice ! Juste en face, la cathédrale anglicane est radieuse. Dans celle-ci, je suis tombé sur … l’évêque. Il semblait pressé, mais a tenu absolument à s’excuser qu’il y ait des travaux en cours, et à me montrer la fierté du lieu : Un vitrail offert par la Reine Victoria. Un homme affable s’il en est, heureux d’avoir un visiteur européen.

 

Il est vrai que St-Vincent n’a pas du tout les mêmes atouts que ses dépendances, les Grenadines, et peu de touristes y viennent. La plupart des navigateurs évitent même de s’y arrêter, par peur d’y être agressés. Il me semblait que cela était du passé … jusqu’à ce que je lise sur internet la relation d’une dramatique agression d’un voilier allemand au mouillage de Wallilabou ! Un homme y a perdu la vie, d’un coup de machette à la gorge …
Cela s’est produit le 3 mars. J’y avais passé la nuit du 1er au 2 … La taille d’Edelwenn l’exclut probablement des cibles tentantes, mais comme quoi on peut toujours se trouver « un jour au mauvais endroit ». Dramatique fait-divers. Des vacances de rêve qui tournent au pire cauchemar. Quelle tristesse.

Le nombre des bateaux en escale n’est pas près d’augmenter à St-Vincent.

 

L’ilôt Duvernette, 80 mètres de haut, avait été fortifié et armé par les Anglais au XVIIIème siècle. Quelle détermination leur a-t-il fallu pour monter ces canons à cet endroit-là ! La montée est assez vertigineuse : plus de 250 marches le long de la falaise. Particularité, les canons sont orientés vers le large et vers la côte. L’objectif était tout autant de repousser les Caraïbes vers l’intérieur de l’île que de se défendre d’une éventuelle attaque française.

 

Le 24 mars, je remonte la côte ouest de St-Vincent sur 15 nautiques, pour arriver à Chateaubelair. Dans ce petit village, je pourrai effectuer ma clearance de sortie. La plupart des bateaux d’ailleurs ne s’y arrêtent que le temps de faire cette démarche.

 

Moi, j’ai envie de découvrir un peu plus cette île, et je reste un jour à Chateaubelair pour cela. Des cascades, encore, sont situées à quelques kilomètres de marche.
Arrivé au seul ponton existant, en béton et en très mauvais état, je suis accueilli par plusieurs personnes. L’un se charge de prendre mon amarre, et assurera, dit-il, la surveillance de mon annexe, l’autre veut me guider jusqu’au bureau des douanes (situé juste à côté et parfaitement visible …). Je rigole franchement en leur assurant que tout cela n’est pas nécessaire, mais que c’est super sympa de leur part. Ça leur suffit, ils me souhaitent un bon séjour.
Après les formalités, l’un d’entre eux se propose comme guide, mais non, je veux juste me rendre au restaurant que j’ai aperçu du bateau (pas pour manger, mais peut-être y trouver du wifi). Ils m’expliquent très clairement la route à suivre.
Le lendemain, je retrouve mes « amis » au même endroit. J’explique que je veux voir les « Dark View Falls », sans guide. Là encore, ils m’expliquent comment y aller en insistant sur les endroits où je risquerais de me tromper. Au retour ceux qui sont présents me demandent si cela m’a plu. Ils sont en fait fiers que leur région soit visitée et appréciée.
La pauvreté est très visible, mais la gentillesse aussi !

 

Prochaine étape, Marigot Bay à Sainte-Lucie, le 26. Un peu plus de 40 milles, au près. Le courant porte vers l’ouest et m’oblige à tirer un bord. Entre les 2 îles, la mer est assez dure.
Marigot Bay devait être un des plus beaux coins des Antilles il y a quelques années. La baie, très abritée, assez étroite mais profonde, est en partie fermée par une langue de sable plantée de cocotiers.
Malheureusement, le nombre de constructions, les commerces, la marina, les hôtels, les restaurants, différentes activités de location, et même les bateaux, font qu’on n´y voit plus grand chose de naturel.
Il est possible théoriquement d’y mouiller l’ancre, mais comme il y a des bouées partout, on a pas trop le choix … que de payer, cher.
Les « vendors » ont des techniques de vente plus élaborées qu’ailleurs. L’un d’entre eux est déguisé en Père-Noël et chante à tue-tête. Mais on se rend vite compte que derrière une bonne humeur qui se veut communicative, il y a pas mal de roublardise. Les prix annoncés défient l’entendement. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’en l’occurrence le Père-Noël était une ordure, mais vouloir me vendre 20EC$ 5 ou 6 bananes en me disant « je sais que vous êtes Français et pas Américain, donc je vous fais un très bon prix » …  Je les ai eues à 5, au bout de 10 minutes. Non mais !

Ste-Lucie est pour la plupart des navigateurs le premier endroit où on utilise les EC$. La perte des repères profite probablement aux vendors. Quand on remonte, on manie la monnaie avec plus de pertinence, et on a appris à dialoguer avec ces commerçants flottants !
Au total, la réputation de Marigot Bay d’être une étape à ne pas manquer est très surfaite.

 

Le 28, encore une navigation courte, mais sur une mer désagréable et bien sûr, contre le vent.
Je reviens à Rodney Bay, pour refaire un peu l’avitaillement du navire, et prendre une vraie douche.

 

Le 30, je mets le cap sur la Martinique et plus précisément les Anses d’Arlet.
Vent autour de 20 noeuds, presqu’au travers, sur une mer encore très hachée.
Les Anses d’Arlet, nous y étions en février. C’est toujours reposant d’arriver dans un mouillage connu, et, surtout, dans un village où l’on parle … français !

 

Mon objectif, c’est maintenant la Guadeloupe où Axelle et Yaël arriveront dans 15 jours. Je ne peux donc pas trop traîner en Martinique.

 

Dès le lendemain, après un « snorkeling » (terme anglais pour dire qu’on nage avec masque et tuba) devant la plage, je continue vers le nord de l’île et je m’arrête à St-Pierre, où nous étions venus en voiture. Nous avions surtout visité les vestiges de la ville détruite par l’éruption de la Montagne Pelée? et j’en avais gardé le souvenir d’un village triste. Là, j’ai découvert un village charmant où les habitants sont accueillants et souriants.
Toujours à la recherche de wifi, j’ai déjeuné (excellemment d’ailleurs) au restaurant « l’Alsace à Kay ». Je commande une bière, le patron me propose une Lorraine, la bière locale. J’accepte en osant préciser « comme ça on aura l’Alsace et la Lorraine » … Il m’a assuré que j’étais le 1er à la lui faire, celle-là, mais je suppose qu’en bon commerçant il sait être agréable avec ses clients !

 

Dernière étape avant Pointe-à-Pitre, la Dominique, encore une île souvent boudée par les plaisanciers pour des problèmes de sécurité. Je tente le coup, et je verrai bien qu’elle sera l’ambiance sur place.

 

À bientôt,

 

Thierry

 

 

 

Grenade

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Initialement, je n’avais pas prévu de descendre jusqu’à Grenade, mais j’ai du temps devant moi. En outre, la route vers le sud est bien agréable puisque le vent m’y porte. Alors …

 

Le 9 mars je m’arrache à la quiétude de Carriacou pour descendre jusqu’à St George, la capitale de Grenade. Un peu plus de 30 nautiques, hmm … je m’étais bien habitué aux toutes petite étapes, moi ! Mais encore une fois, l’alizé d’est-nord-est m’offre une navigation confortable et relativement rapide.

 

Particularité de cette route, il faut contourner une zone de sécurité à cause d’un volcan sous-marin qui s’est réveillé en 1988. Il n’y a pas d’obligation, juste une recommandation, mais comme le laisse entendre un des guides de navigation que je lis assidûment, passer à cet endroit lors d’une éruption serait probablement une grande expérience, … et un sacré choc !

J’ai donc fait le tour …

 

Je longe ensuite la côte ouest de Grenade sur une douzaine de milles avant d’atteindre St-George’s Harbour.

 

La Marina Port-Louis, blottie dans « the lagoon », est très proprette. Le personnel est plutôt agréable, mais l’ensemble se la joue un peu. Or, pendant mon séjour, les immenses catways pour super-yacht sont restés bien vides, et heureusement que les loueurs de bateaux de Martinique semblent avoir fait de cette Marina leur base « sud », sinon, c’était le désert.
En attendant, suis au calme, c’est ce qui m’importe. Calme toujours à relativiser car à Grenade comme sur toutes les îles déjà visitées, les soirées sont toujours poly-musicales. Mais c’est comme ça, c’est l’ambiance « Caraïbes » !

 

Découverte en 1498 par Christophe Colomb lors de son 3ème voyage, Grenade ne fut colonisée qu’à partir de 1609, par les Anglais. Les Caraïbes en mangèrent quelques uns et rejetèrent les autres à la mer. Les Français tentèrent leur chance plus tard, en 1650, en négociant l’achat de l’île avec de la pacotille et pas mal d’alcool …
Dégrisés, les Caraïbes se rendirent compte de leur erreur, mais les Français ne lâchèrent pas l’affaire. Même scénario qu’aux Canaries : Acculés au nord de l’île, les derniers Caraïbes choisirent de se jeter d’une falaise.
Les « locaux » éliminés, les Français et les Anglais purent alors tranquillement se battre entre eux, et comme assez souvent lors de ces conflits, ce sont les Anglais qui ont été les plus motivés, le traité de Versailles leur attribuant définitivement la suprématie sur Grenade en 1783.
Grenade devint indépendante, membre du Commonwealth, en 1974.
Le premier 1er Ministre, autoritaire et confondant ses intérêts personnels avec ceux de son pays, fut renversé en 1979. Son successeur, « progressiste », s’entoura de conseillers cubains : Angoisses aux USA … Les Marines débarquèrent en 1983 et renvoyèrent les cubains fumer leurs cigares chez eux. Depuis, Grenade connaît une situation politique stable qui lui permet de développer commerce et tourisme.

 

St-George’s (20 000 habitants), capitale de Grenade, créée par les Français en 1650 sur ordre de Richelieu, est de loin la plus belle ville que j’ai visitée depuis mon départ.
Quelques bâtiments français et anglais du XVIIIème ont été restaurés et sont occupés par différentes administrations. Le commerce maritime, la pêche, et le balai des paquebots créent un mouvement incessant autour du port. Le Sendall Tunnel permet de joindre facilement les 2 parties de la ville, séparées par une butte rocheuse sur laquelle domine le Fort George. J’ai lu que ce tunnel, apparemment unique aux Antilles, avait été construit par les Français, mais une plaque à l’entrée l’attribue aux Anglais, alors …
Les « bus » s’expriment toujours à petits coups de klaxon, il y a de la musique partout, des enfants reviennent bruyamment des écoles. Le Stade est le lieu de compétitions d’athlétisme et un speaker anime et commente les épreuves avec enthousiasme. Les enfants qui ne concourent pas sont dans les tribunes et dansent au rythme de la musique qui ne s’arrête jamais, tout en encourageant leurs favoris.
Je retrouve la joie de vivre qui m’avait frappé à Carriacou, en plus bruyant. La ville, quoi !

 

St-George’s est dominée par le Fort George sur lequel flotte les drapeaux grenadais, britannique, et français. Pas de jaloux ! Cet imposant ouvrage militaire est aujourd’hui en partie occupé par une école de police. J’ai donc été surpris d’y rentrer comme dans un moulin. No pressure, no stress …

 

Grenade est l’un des principaux pays producteurs de noix de muscade. Cet épice figure d’ailleurs sur le drapeau national et malgré les cyclones qui ont dévasté bâtiments et cultures, Grenade tire toujours une partie importante de ses ressources de l’agriculture.

 

A Gouyave, au nord-ouest de l’île, existe une unité de production de noix de muscade. J’ai envie d’aller voir ça. J’irai en « bus », c’est très peu cher, c’est souvent sympa, et ça permet toujours de côtoyer les gens du coin.

 

1er obstacle, trouver la bonne ligne …
- I would like to go to « Gouillave »
- Where ?
- « Gouillave »
- ???
- I want to visit a spice factory
- Aaaahhh, Goave !
Bon, donc, on dit « go-ave ».

 

Assez long trajet le long de la côte ouest (à l’échelle des îles). Et comme toujours, aucun panneau indicateur aux intersections ni à l’entrée des villages. Me voyant scruter la route avec perplexité, mon voisin me demande si je sais où je vais. Ben, non pas vraiment, à « Goave » … Gentiment, c’est lui qui demandera au chauffeur de s’arrêter au bon endroit, en me disant, c’est là-bas, devant (enfin, il a dû en dire plus, mais je n’ai pas compris). Gouyave, c’est pratiquement une unique et longue rue, ça ne devrait pas être difficile …

Auparavant, nous aurons eu le temps de parler « foot » ( PSG, Barça, Real, Bayern, … le foot européen est celui qui est suivi, malgré la proximité avec l’Amérique du Sud).

 

A Gouyave, on remarque immédiatement qu’on est assez loin de la relative aisance de St-George. Beaucoup d’habitations n’ont comme murs que des tôles ondulées et quelques planches. Et, sauf la banque, les minuscules échoppes ne font pas vraiment meilleure figure. Devant chaque « maison » (2 ou 3 mètres de façade, rarement plus), les gens sont assis, souvent par terre, discutent ou somnolent. Je parcours toute cette rue dans les 2 sens, dans l’indifférence générale d’ailleurs, avant de m’apercevoir que la fabrique est dans un bâtiment qui m’avait semblé … à l’abandon !

 

La visite, courte mais sympa (j’étais tout seul, le guide a fait des efforts prodigieux pour que je le comprenne), est intéressante. Récolte, séchage (plusieurs mois), calibrage, mise en sacs, puis toute la production part sur … Hambourg (je n’ai pas pu savoir pourquoi cette seule destination). L’essentiel du bâtiment est donc dédié au séchage, … d’où l’absence de fenêtre aux ouvertures, qui, entre autre, m’avait donné cette impression d’abandon.

 

Au retour, je descends du bus au pied d’une route qui me mènera aux Concord Waterfalls.

 

Grimpette de 3 ou 4 km sous le soleil, donc très chaude, pendant laquelle je suis dépassé par des minibus de touristes allemands. Comme je n’en ai pas croisé, ça risque d’être surpeuplé là-haut … Effectivement, il faut presque jouer des coudes pour voir la jolie cascade au pied de laquelle un bassin naturel s’est creusé et dans lequel il est possible de se baigner, ce que les outre-rhénanes présentes ont fait, en poussant des hurlements. Apparemment, l’eau était froide … J’aurais bien crié un truc du style « là, là, des pyranas ! », pour voir. Mais bon.

 

Heureusement, 2 autres cascades existent un peu en amont. J’abandonne donc les germaines à leurs clapotis …

Là, plus de route, mais un chemin qui s’avèrera parfois un peu scabreux. Du coup, je suis seul, et le torrent chante joyeusement (car il ne sait pas ce qui l’attend quelques mètres plus bas …).
Ardu, le chemin ! Mais ça valait la balade dans une forêt de plus en plus dense, et le coup d’oeil, la seconde cascade étant bien jolie et sans baleines hurlantes !

 

Le parcours devenant dangereux, je ne me risque pas plus avant vers la 3ème chute d’eau. Évitons la chute d’os. Pardon.

 

Voilà. Ma découverte de Grenade n’aura été que très partielle. Avec le recul, j’aurais sans doute pu, ou dû, prendre 2 ou 3 jours pour explorer, en bateau, la côte sud, très belle apparemment. Mais à ce compte, j’aurais aussi bien pu suivre le « conseil » d’un excellent ami qui m’a répété 15 fois que je n’étais pas loin du … Vénézuéla (C’est vrai, à 90 milles, 1 journée de mer seulement !).
A St-George’s, j’étais tout juste au-dessus du 12ème parallèle (Brest est au-dessus du 48ème …), il était temps de repartir vers le nord.

 

Prochaines étapes : Carriacou bien sûr, puis d’autres Grenadines. Ensuite St-Vincent et Ste-Lucie à nouveau. Encore plein de belles photos à faire !

 

À bientôt,

 

Thierry

 

… et les Grenadines

Par

Le 2 mars je quitte St-Vincent pour rejoindre Bequia, la 1ère des Grenadines sur ma route vers le sud.

 

Entrer aux Grenadines, c’est entrer dans le monde merveilleux des cartes postales.
Les plages sont de sable blanc ou doré, bordées de palmiers. L’eau y est turquoise, … et chaude (d’où l’intérêt d’être celui qui envoie la carte postale) !

 

A Bequia je suis au mouillage dans l’Admiralty Bay, tout près de Port-Elizabeth. Beaucoup de voiliers y font escale. Des charters (paquebots en tous genres) aussi, qui déversent leurs troupeaux de touristes, américains en majorité.

 

Heureusement ces visiteurs un peu bruyants (mais porteurs de dollars) retournent dans leur immeuble flottant assez rapidement (leur portefeuille allégé) et Port-Elizabeth retrouve son calme et sa douceur de vivre bien avant la nuit.

 

Les T-shirts locaux ont des slogans sympas, du style « Grenadines, same shit but different isles », « Forced to work », « Sail fast, Live slow », ou encore « No pressure, No stress ». Ça me plaît bien, tout ça !

 

Le village semble ne vivre que pour l’accueil des touristes, et sait le faire de façon sympathique. Les « vendors », sur l’eau ou à terre, ne sont pas à un client près et savent être présents sans être insistants.
Les plages et le port sont bordés de bars-restaurants de tous niveaux mais proposant tous la même vue imprenable sur la baie. Des pontons à annexes ont été installés tous les 50 mètres, et semblent attirer les Zodiac, Bombard, et autres Tender comme des mouches …
Alors, je me laisse faire et je prends le temps d’admirer la bataille de territoire à laquelle se livrent les mouettes et les frégates. Puis on sirote quelque chose tout en vérifiant qu’aujourd’hui aussi, le soleil se couche bien à l’ouest …

 

Le 5 mars je quitte la magnifique Admiralty Bay pour les Tobago Cays. Il s’agit d’un groupe de petites îles (désertes), très proches les unes des autres, et protégées de la houle de l’atlantique par une barrière de corail. Au passage, sinistre, une épave nous rappelle que ce paradis est aussi parfois balayé par de terribles cyclones.

 

Aux Tobago, on navigue avec peu de fond, et c’est l’oeil rivé au sondeur que je m’approche du mouillage. Finalement, je préfère rester sur ancre, à l’entrée de l’étroit passage entre les îles Petit Rameau et Petit Bateau (mignons ces noms, n’est-ce pas ?).

Le mouillage sur bouée se trouve de l’autre côté. Je constaterai un peu plus tard qu’il est saturé et que les bateaux sont vraiment très proches les uns des autres. J’ai bien fait de rester à l’écart de cet attroupement, les conversations et la musique des bateaux d’à côté ne me tentant généralement pas …

 

Arrivé de bonne heure, j’ai le temps de faire en annexe le tour des îles (Petit Rameau et Petit Bateau donc, mais aussi Baradal et Jamesby). Quelques tortues de mer apparaissent parfois, mais je n’ai jamais été assez rapide pour en photographier une avant qu’elle ne replonge.

 

Sur Baradal, je me retrouve nez à nez avec « mes » 1ers iguanes. Ambiance Jurassic Park !!! Certains penseront sans doute que le dinosaure n’était pas celui qu’on croit … et le fait est que c’est l’iguane qui a fui le 1er …

Cet animal est protégé sur toutes les îles où il est présent. Bien plus tard sur une île plus au nord, en discutant « iguane » avec un chauffeur de taxi, j’ai suggéré que ça ne devait pas être bon à manger de toute façon. « Ah si, si, si ! » m’a-t-il répondu … argh !

 

Sur Petit Bateau, des restaurateurs ambulants proposent un repas style « barbecue sur la plage », mais à la place des merguez ils ont l’idée farfelue de mettre de la langouste ! Bon, que voulez-vous, quand on voyage il faut bien essayer de s’adapter aux coutumes locales …
Malheureusement, trop peu de monde semble vouloir s’inscrire pour ce soir, et le dîner n’aura pas lieu. Je demande au hasard s’ils ne peuvent pas m’amener un repas à bord … et c’est d’accord !
Menu d’exception à bord d’Edelwenn ce soir : une énorme ½ langouste … Finalement, ça vaut bien les merguez ! …

 

Dès le lendemain, je reprends la mer vers le sud. Direction, Carriacou, la plus au sud des Grenadines.

 

Je sors des Tobago Cays par le sud. Pas de balisage, mais il faut quand même slalomer entre les bancs de sable et de corail. Petite pensée pour les américains qui pourraient inopportunément débrancher le système GPS …
En fait, lorsque le soleil est assez haut, cette navigation est facile. Plus le bleu de l’eau est foncé, plus c’est profond. On voit très bien sur l’eau le dessin de la route à suivre, … et on guette les éventuels nuages qui feraient perdre tout repère.

 

Je fais une courte escale de 2 heures sur Palm Island. Cette île est privatisée par une résidence hôtelière de luxe, et seule la plage est accessible aux visiteurs. Mais cette plage est certainement l’une des plus belles des Antilles. J’en aurai fait le tour surveillé, de loin mais constamment, par 2 vigiles. Il est probable que mon look ne se soit pas amélioré depuis Rodney Bay …

C’est sans doute pour cela qu’Edelwenn semble se faire tout petit dans ce paysage grandiose, surtout lorsqu’apparaît au loin un immense bateau-charter. T’inquiète pas Edelwenn, y aurait pas la place sur le ponton J …

 

A Carriacou, je pose mon ancre à Tyrell Bay. Cette île fait partie des Grenadines mais est dépendante de Grenade (et non de St-Vincent. Vous suivez ?). Quelques voiliers y font escale, mais pas trop, et le tourisme n’y est pas spécialement développé.

Quelle tranquillité ! Dans les villages, la vie semble s’écouler lentement, paisiblement …
Live slow, no pressure, no stress … Hmmm …

 

Tyrell Bay n’a pourtant pas grand chose à envier à Admiralty Bay. Du coup, ce lieu offre une ambiance hors du monde (enfin, de notre monde …). Je m’y suis énormément plu. Si je dois fuir l’Europe un jour, c’est là que j’irai me cacher !
Hillsborough, la « capitale », bien que plus animée, confirme cette même atmosphère paisible.

 

Ma prochaine destination est Grenade, mais en remontant je m’arrêterai à nouveau à Carriacou, et une balade vers la pointe sud de l’île me permettra de découvrir que sur cette île la campagne aussi est pleine de charme.

 

J’avais lu que sur la côte Est persistait une construction navale traditionnelle. Je me suis donc rendu dans le village de Winward. Le « bus » m’a déposé devant … rien ! Mais effectivement, un petit panneau indique « construction navale ». Jé suis un improbable chemin au bout duquel apparaît finalement un bateau en construction, … mais qui semble en construction depuis très longtemps !

J’en suis revenu interloqué et déçu, les guides évoquant ce lieu comme étant vraiment intéressant. Néanmoins, les paysages valent largement, à eux seuls, le déplacement.
Bien plus tard, j’ai discuté de Winward avec un autre navigateur français. Il m’a raconté avoir eu la chance de participer l’année dernière à la mise à l’eau d’un bateau, là même où je m’étais rendu.
La mise à l’eau des bateaux se fait selon une technique traditionnelle qui mobilise des dizaines de personnes pendant une grosse journée. L’objectif n’est pas d’aller vite, mais de prendre le temps d’être ensemble et de profiter pleinement de cet évènement.

Cette construction locale persiste donc, mais devient inéluctablement de plus en plus exceptionnelle.

 

Définitivement, tout me plaît à Carriacou !!!

 

Dans le prochain article je vous parlerai de mon détour par Grenade.

 

A bientôt,

 

Thierry