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Monthly Archives: mars 2016

La Martinique

Par

Le 7 février, j’accueille avec bonheur Axelle et Yaël à l’aéroport du Lamentin, à côté de Fort-de-France, mais à 30 km du Marin.
Le port du Marin est la seule marina de Martinique, et la plus importante du sud des Antilles.
Malgré ses pontons permettant d’accueillir près de 800 bateaux, elle est souvent saturée paraît-il. On y voit un grand nombre de bateaux de location (beaucoup de catamarans), et c’est bien sûr le point d’arrivée de la majorité des bateaux français après leur traversée de l’atlantique. L’accueil y est sympathique, professionnel, et … souriant !
J’ai eu la chance d’y trouver une place dès mon arrivée.
Son principal défaut est que pour s’en échapper, les seuls moyens de transport sont la voiture de location ou le taxi.
Début février, nous sommes en période de carnaval. Du coup, de voitures de location, il n’y en a plus de disponibles sur place, et je dois donc en récupérer une à l’aéroport. Le taxi me coûtera 85 € ! Ça fait cher de les ¾ d’heure de route et on comprend que les voitures de location soient très prisées …

 

Dès le lendemain, nous décidons d’éviter Fort-de-France, réputée pour ses gros embouteillages, et partons découvrir la côte Est. Nous traversons les villages Le Vauclin, Le François, Le Robert, La Trinité, avant de faire une jolie ballade et une pause baignade sur la presqu’île de la Caravelle.

 

La campagne du sud de la Martinique ne dépayserait pas beaucoup un breton qui y serait parachuté. Vallonnée, on y voit des troupeaux de vaches, et les routes ont parfois des airs de chemins creux. Bien sûr, quelques palmiers apparaissent de-ci de-là, tout de même. Plus loin, nous longeons les champs de cannes-à-sucre et de bananiers. Là, du coup, oubliés les choux-fleurs, les artichauts, et les champs de maïs !

 

La côte, elle, est conforme à nos attentes : sable clair, eau transparente, de tous les bleus jusqu’au vert clair, et … à bonne température !

 

Après Marigot et Le Lorrain, nous bifurquons vers le sud-ouest, traversons Morne-Rouge puis arrivons à St-Pierre. Nous sommes passés tout près de la Montagne Pelée (1397 mètres), mais le sommet se cache dans les nuages.
St-Pierre était le « petit Paris des Antilles », centre culturel et capitale économique de la Martinique avec son théâtre, sa cathédrale, son port, jusqu’au triste jour du 8 mai 1902, où l’éruption du volcan décima la totalité de sa population. 3 personnes seulement survécurent à la catastrophe, dont un prisonnier, protégé par l’épaisseur des murs de son cachot !

30 000 morts ! … Le gouverneur de l’époque avait, sur instruction ministérielle, refusé de faire évacuer la ville afin d’assurer le second tour d’une élection législative prévue le 11 mai !!!

 

Saint-Pierre n’a jamais pu retrouver sa splendeur d’antan. Effectivement, la ville que nous visitons rapidement semble comme endormie. Les ruines du théâtre et du fameux cachot du survivant, ainsi que l’indication sur les cartes marines de plusieurs épaves dans la baie témoignent d’une activité brutalement interrompue.

 

Le lendemain, nous nous rendons au parc botanique de Balata, au nord de Fort-de-France, après un coup d’œil sur une église dont la construction a été inspirée par le Sacré-Coeur de Paris.
Le créateur et propriétaire du Jardin de Balata, horticulteur passionné, a réuni et mis en scène à partir de 1982 une impressionnante collection de plantes tropicales, réalisant en même temps une immense et spectaculaire œuvre d’art paysagée. Quelque soit l’endroit où l’on porte le regard, tout est agréable, très beau, et souvent surprenant. L’utilisation du paysage existant, l’adéquation entre les plantes et la géométrie de leur disposition est vraiment une grande réussite. La plupart du temps je ne suis guère fan de ce genre de visite, mais là, à ma grande surprise, j’y ai pris un plaisir fou !

 

Nous poursuivons notre route jusqu’à ce qu’elle s’arrête (au sens propre), à Grand’Rivière, tout au nord de l’île. Nous traversons une forêt d’où surgissent des bambous immenses et des fougères gigantesques. Nous devons franchir 2 grands ponts métalliques qui semblent sortis d’un film d’avant-guerre (et de quel avant-guerre d’ailleurs ?!) Le bruit des taules sous les roues de la voiture n’était vraiment pas rassurant !
Grand’Rivière est un village au bout d’un monde (on aperçoit très bien les côtes de la Dominique, île située entre la Martinique et la Guadeloupe), un peu hors du temps.

 

Pour les jours suivants, notre moyen de locomotion sera Edelwenn. Nous passons d’abord quelques heures au mouillage devant Sainte-Anne. Baignades autour du bateau, même pas besoin d’aller jusqu’à la plage.

 

Nous nous inscrivons à l’un des clubs de plongée du Marin pour une ballade aquatique avec palmes, masque et tuba. Une 1ère pour moi, … à mon âge !

Quel enchantement de nager au milieu de nombreux poissons que notre présence ne semble pas déranger outre-mesure ! Nous avons tellement apprécié cette sortie que nous décidons de remettre ça 3 jours plus tard. Mais pour Yaël et moi, ce sera cette fois un baptême de plongée avec bouteille. Un succès pour tous les 2 que cette entrée dans le « monde du silence » !

 

Entre-temps, nous avions mis le cap sur les anses d’Arlet. Nous passons au ras du Rocher du Diamant dont l’histoire mérite d’être racontée, puisqu’il fût le théâtre d’un des nombreux épisodes qui ont jalonné la longue guerre auxquels Français et Anglais se sont livrés pour le contrôle des Antilles.

En janvier 1804, les Anglais occupèrent cet îlot, le fortifièrent, dans le seul but, non d’y installer un club de vacances, mais de pouvoir harceler les navires français.

Apparemment imprenable, le rocher fût honorifiquement considéré par la perfide Albion comme navire de guerre et reçu officiellement le nom de HMS (His Majesty´s Ship) Diamond Rock ! pendant 17 mois, les Français tentèrent en vain de reprendre leur bien, jusqu’à (Héhéhé …) ce que la mission fût confiée au Capitaine de Vaisseau Cosmao-Kerjulien (né à Chateaulin en 1761, mort à Brest-mêm’ en 1825), qui reprit le Rocher en juin 1805. Ah, ces marins bretons …

Napoléon dira un jour de lui, après bien d’autres succès navals (ils n’étaient pas nombreux à en avoir dans la marine française en ces temps où les Anglais dominaient souvent) : ” Il est le meilleur marin de l’époque, et personne n’a été plus brave et plus généreux”.

 

 

Aux anses d’Arlet, nous espérions voir des tortues, mais finalement nous n’en verrons qu’une, plus tard, lors du retour vers Le Marin. Néanmoins, nager si facilement dans un véritable aquarium riche de centaines de poissons de toutes les couleurs, à quelques mètres de la plage seulement, fût un moment mémorable !

 

 

Que les jours passent vite … Et Axelle et Yaël doivent déjà prendre l’avion.
Reprendre encore ma vie de solitaire n’est pas simple.

Je me rends compte que ma principale motivation était de faire « la » transat. Il me faudra plusieurs jours pour me re-motiver et reprendre le fil de mon voyage …

 

Et puis … la transat

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En quittant Mindelo le 16 janvier, compte-tenu des prévisions météo, très bonnes, je savais que j’avais de bonnes chances d’arriver le 31 janvier. En cours de route, cette estimation s’est renforcée et j’ai même cru pouvoir arriver le 30, mais des problèmes techniques m’ont un peu ralenti.

Le 31 au matin, la brume m’a longtemps caché ce que je guettais presque malgré moi, et puis tout d’un coup, le rideau s’est levé. Ça y est, j’y suis ou presque !

Pas de surprise ou de soulagement (mais l’incertitude des marins de Christophe Colomb avait-elle vraiment du charme ?), pas de joie d’avoir gagné une course (on est tout aussi loin des Peyron et autres Gabart ou Le Cléac’h), mais l’étonnement de l’avoir “fait”, 9 mois après avoir eu cette envie saugrenue, quelque part entre les 13ème et 14ème arrondissement de Paris.

 

Content ? Fier ? Oui, un peu tout de même. Mais je suis encore assez ballot pour penser, déjà, que la navigation d’Ouest en Est sera une toute autre histoire …

 

Cela va manquer de poésie, mais c’est bien le moment de décrire mes principales préoccupations de navigateur en solo :

 

Tout d’abord, la veille,  ou comment éviter les mauvaises rencontres.

 

Je dispose à bord de 3 « outils » de veille : l’AIS, le radar, et … mes yeux.

 

L’AIS (Automatic Identification System) permet d’être informé de la présence des bateaux émetteurs. Beaucoup de voiliers ne sont équipés qu’en réception. Naviguant seul, j’ai jugé nécessaire que les autres bateaux me « voient », et veillent ainsi un peu pour moi …
La distance de réception est bizarrement assez variable. Pendant la traversée, elle n’était « que » d’environ 25 milles (45 km), alors qu’entre les Canaries et le Cap-Vert je “voyais” des bateaux à près de 400 milles (ce qui n’a aucun intérêt).
L’AIS transmet la position, la distance, la vitesse et le cap des voiliers émetteurs (et parfois leur nom, leurs dimensions, leur destination !), ce qui permet de savoir très tôt quels sont ceux avec lesquels je serais en éventuelle voie de collision.

Mon radar détecte les obstacles dans un rayon d’environ 16 milles (30 km). Il permet d’en connaître la distance. En résumé, on ne sait pas ce que c’est, mais on sait que c’est là.
L’inconvénient principal est qu’il signale tout ce qu’il voit, y compris les vagues ! Des réglages permettent d’affiner la détection, et d’éviter cet inconvénient. Il faut cependant trouver le bon compromis ce qui n’est pas toujours évident. Cela reste néanmoins un outil précieux.

Les yeux sont les outils qui voient le moins loin, mais si l’obstacle est proche, c’est tout de même la vision qui permettra d’évaluer immédiatement ce qu’il faut faire. À intervalle régulier et fréquent, je faisais une inspection sérieuse de l’horizon.
En fait sur cette route les vrais dangers sont les OFNI (containers, …) et les baleines (qui dorment en surface). Dans le second cas, le danger est d’ailleurs au moins autant pour l’animal (mais lui, il est chez lui !).

 

Le sommeil ! … et donc, la gestion de la fatigue (parce qu’il n’y a pas d’aire de repos sur le bord de l’autoroute …). Après une demi-journée de mer depuis Mindelo, il n’y avait plus trace de pêcheurs ni de ferries. Il ne pouvait plus y avoir sur l’eau que des voiliers, allant dans le même sens et tenant à peu près le même cap que moi, et des cargos, que je vois d’assez loin grâce à l’AIS.
Pourtant, mon rythme aura été de faire un « check-up veille » toutes les heures sur 18 heures, puis toutes les 2 heures sur 6 heures, généralement entre 1 heure et 7 heures du matin. C’est, sans surprise, à ce moment de la nuit que j’avais le plus sommeil, et, si le temps est clair, la vision de nuit est plus lointaine qu’en plein jour (on voit les feux des voiliers plus loin de nuit, que leurs voiles de jour).

Pour tenir, il faut se reposer presqu’autant le jour que la nuit.
Il m’est néanmoins arrivé 2 fois de ne pas entendre mon réveil et de dormir près de 4 heures d’affilée. Je me suis joyeusement engueulé …
Je pense que dans les 2 cas je ne m’étais pas assez reposé dans la journée.
A l’inverse, il m’est arrivé assez souvent de me lever, de faire mon tour de veille, puis de me rendre compte que mon réveil n’avait pas sonné. J’avais rêvé qu’il le faisait !!!
A l’arrivée, je ne me suis pas senti spécialement fatigué, et j’ai parfaitement dormi 7 ou 8 heures dès ma première nuit amarré.

 

La conduite du navire (y a-t-il un pilote dans … ?)
Et bien oui, il y a un pilote … automatique. Réglé sur un cap, il s’adapte aux écarts de route du fait d’une rafale ou d’une vague pour remettre presqu’immédiatement le bateau dans la bonne direction. En clair, je ne barre pratiquement jamais (quel feignant !).
L’inconvénient d’un pilote c’est sa consommation électrique. Je vous en parlerai plus loin. Autre inconvénient, comme tout appareil, il peut tomber en panne. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé …
J’avais cependant un plan B, qui d’ailleurs devait être le plan A : Un régulateur d’allure.
Il s’agit-là d’un système qui gouverne le bateau selon un angle de route par rapport au vent.
Gros avantage : Aucune consommation électrique !
Aujourd’hui la plupart des voiliers n’ont pas de régulateur. Les pilotes automatiques ont pris le dessus. Néanmoins, tous les marins rencontrés qui en avaient un m’ont dit leur grande satisfaction … Moi, non. Je n’en ai été que parfois vraiment content.
Pour que le régulateur fonctionne bien, le bateau doit être très équilibré. Soit, mais dans le cas d’Edelwenn, cela revient presque toujours à réduire sensiblement la voilure (et donc la vitesse). Je vois 2 raisons à cet échec, provisoire j’espère.
Je n’ai sans doute pas eu assez de patience, la simplicité de mise en œuvre et l’efficacité du pilote ne m’ont pas poussé à faire suffisamment l’apprentissage du régulateur. Mais par ailleurs, j’ai un doute sur le fait qu’un first 36.7 soit bien adapté aux contraintes d’un régulateur.
Mon pilote a démissionné sans prévenir, 2 jours avant l’arrivée seulement, heureusement. Pour avoir une route à peu près stable, sous régulateur, j’ai dû m’éloigner de mon cap idéal trop proche du vent-arrière, sauf à courir le risque d’empannages non désirés (la grand-voile passe violemment d’un côté à l’autre. Le risque de casse est important). J’ai donc dû ralentir et rallonger ma route pour pouvoir dormir. Pour passer les grains à l’approche de la Martinique, je devais barrer. Pas facile pour préparer l’atterrissage, mais à 9-10 noeuds plein vent-arrière je me suis vraiment bien fait plaisir.
La panne du pilote s’est avérée bénigne, et j’aurais très bien pu la réparer en mer. Mais d’une part le « message d’erreur » affiché sur l’écran du pilote m’a mis sur une mauvaise piste, d’autre part j’ai été mobilisé par le régulateur et la préparation de l’arrivée. Seul, on ne peut pas être partout … De toute façon, selon Vicomtesse, avec 2 choses à faire j’ai toujours été débordé. Je n’avais donc de toute façon aucune chance … ;)

 

La production d’énergie (ou comment avoir du jus)
Les « producteurs » sont le moteur, les panneaux solaires, et un appareil appelé Duogen, qui est convertible en hydro-générateur (« hydrolienne ») ou en éolienne.
En navigation, je n’utilise que la fonction hydrolienne. Associée aux panneaux solaires, elle me garantit l’autonomie en électricité à partir d’une vitesse de 5 noeuds.

Mes principaux « consommateurs » sont le pilote, les instruments de navigation, le frigo (pour la bière bien sûr ;) ).
Dès le départ de Mindelo, j’ai été surpris par la présence, importante et constante, d’algues à la surface de l’eau. J’ai constaté ce phénomène jusqu’en Martinique !
3 ou 4 fois par jour il me fallait sortir de l’eau l’hélice du Duogen pour la libérer d’un paquet d’algues. À chaque fois, c’était 1 ou 2 heures de production de perdues. Au bout de quelques jours, le Duogen n’a plus voulu tourner rond … Comme il est fixé sur le tableau arrière, donc au-dessus de l’eau, j’ai renoncé à le démonter pour voir ce qu’il se passait. Le risque qu’une pièce tombe à l’eau était vraiment trop important.
Les panneaux solaires maintenaient bien les batteries pleines pendant les heures d’ensoleillement, mais 1 fois par nuit, il me fallait faire tourner le moteur (débrayé) pour qu’elles ne se déchargent pas trop.
Et c’est là que le moteur a commencé à démarrer de plus en plus difficilement … j’entrevoyais avec appréhension une arrivée en Martinique sans pilote et sans moteur …
Au moment fatidique … Je lance le démarreur, échec. 2ème essai … ça démarre ! Merci pour le p’tit coup d’adrénaline !!!

Pour l’énergie du marin … L’alimentation.

Rien à faire, je n’aime pas cuisiner. Aucun progrès à l’horizon de ce côté.
D’un autre côté, sur une transat (d’est en ouest, à cette latitude et en croisière) on ne dépense vraiment pas beaucoup d’énergie.
Mon rendez-vous incontournable aura été le petit-déjeuner. Je n’en ai raté aucun, toujours dehors, bien avant que le soleil ne tape trop fort … c’était l’un de mes petits plaisirs quotidiens.

 

Alors, une transat … quelle impression ça fait ?

 

Banalement, l’immensité qui n’en finit pas. C’est fascinant. Je crois qu’à chaque « tour d’horizon » j’ai admiré l’océan. Et puis la nuit … La nuit sans lune où l’on voit très bien la féérie des étoiles, et qu’on ne compte plus les étoiles filantes.. Les nuits de pleine lune où la mer … a des reflets d’argent (ben oui !).

La solitude ? C’est le regret de ne pas partager. C’est parfois l’ennui aussi, mon monde intérieur ayant des limites certaines ! C’est au cours des premiers jours que j’ai ressenti cet ennui. Ensuite, cela s’estompe. Mais je m’interroge … Est-ce qu’on s’y habitue vraiment, ou bien est-ce parce que l’on sait que l’arrivée n’est plus « que » dans x jours ??? Un peu des deux probablement ?

 

Sauf au cours de la première soirée, encore dans les parages du Cap-Vert, je n’ai pas vu de dauphins. Par contre, des myriades de poissons-volants. Imprévisibles, ils jaillissent, seuls, ou parfois à 15 ou 30 en même temps dans toutes les directions. Parfois leur vol est régulier, 30 cm au-dessus de l’eau, et peut les emporter 100 ou 150 mètres plus loin. Parfois, ils ricochent sur la crête des vagues, 4, 5, ou 6 fois de suite. Parfois ils se font cueillir par une vague dès leur envol. Leurs ailes rapides et transparentes me faisaient penser à la fée clochette de Peter Pan version Disney … au milieu de l’Atlantique on retrouve une âme d’enfant …

Le lendemain je crois, j’ai croisé 2 globicéphales noirs. Ces animaux peuvent mesurer 5 mètres et peser jusqu’à 3 tonnes … tout de même !
Quelques jours plus tard, j’ai vu 5 gros (5 ou 6 mètres de long m’a-t-il semblé) poissons blancs (aucune idée de ce que ça pouvait être) passer lentement, à la queue leu leu sous Edelwenn. Du fait de leur blancheur et du soleil, ils étaient auréolés d’une eau bleu clair, rendant leur apparition assez irréelle. Le 1er m’a paru si peu profond que j’ai dit à haute voix : “Attention au safran !” … No comment.
Autre moment surprenant. Assis dans le cockpit, je bricolais quelque chose. Par hasard je lève les yeux, et vois apparaître à 2 mètres du bateau un aileron noir. Il se passe 5 secondes, puis il s’enfonce lentement. Pas un « bonjour », pas un signe, … Rien !

Comme tout le monde, tout en l’appréhendant, j’espérais apercevoir une baleine, mais ça sera pour une autre fois !

 

J’avais remarqué depuis 7 ou 8 jours la présence d’un oiseau aux abords d’Edelwenn, noir et de la taille d’un corbeau (un pétrel peut-être ?). Au milieu d’une nuit, je sors de la cabine pour mon tour d’horizon habituel, pas très réveillé sans doute. Devant moi, la lune, plein Est (quand je sors de la Cabine, je regarde à l’Est, vous suivez ?), et … une chauve-souris venant droit sur moi ! Je n’étais pas loin de me croire agressé quand je vois l’oiseau se poser sur le moteur hors-bord accroché au tableau arrière. Il est resté là se reposer quelques heures.

 

J’ai bénéficié d’un temps idéal. Toujours beau (sauf quelques grains à l’approche de la Martinique), pas trop chaud, un vent bien établi. Seule la houle aura été inconfortable, car il y en avait deux.

Le bateau aurait pu aller plus vite, mais le marin a joué le confort et la facilité.