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Monthly Archives: octobre 2015

Porto Santo – Madère

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Arrivée à Porto Santo (île où vécut Christophe Colomb), située à 35 milles au nord-est de Madère, dans la matinée du 16.

Paysage volcanique, sans végétation, mais une plage de 7 km qui en fait la destination chic des week-ends des habitants de Madère.

Dans l’immédiat, ma destination chic à moi, c’est la douche !

J’espérais pouvoir rester à Porto Santo 1 jour où 2, mais la météo ne sera pas bonne dans les jours à venir et je risque d’être coincé si je ne file pas rapidement à Madère. Tant pis, je pourrai peut-être y revenir avant de continuer ma route vers le sud.

Samedi 17, traversée rapide vers Madère. Comme une sortie en Bretagne par une belle journée d’été, je suis en T-shirt, le vent est fort, mais régulier, et Edelwenn fonce … Nous laissons sur-place un joli ketch (2 mâts). Complètement oubliés, les orages de la veille :)

Une fois passée la pointe Est de Madère, les conditions de vent changent complètement. Plus rien, puis 25 noeuds. On s’adapte. Ah zut, plus rien encore ! On renvoie ? Ah non, 25 noeuds à nouveau (pile poil dans l’pif, bien sûr), puis plus rien … Grrr !

Le matin, mon voisin de catway, un anglais, m’avait mis en garde : Attention à la pointe, le vent monte souvent à force 7, il faut passer très au large. Bon.

J’ai suivi le conseil, en arrondissant généreusement la dite-pointe et me débat avec ce vent de guérilla que le grand tour était sensé me faire éviter … et j’aperçois le ketch enrhumé 2 heures plus tôt qui longe la côte de près et se dirige tranquillement mais plus vite que moi vers la marina que je vise également !

Je me dis que mon anglais n’avait pas dû digérer l’élimination de son équipe en Coupe du Monde de rugby …

Je me pose pour une semaine au moins à la marina Quinta do Lorde de Madère.

Quinta do Lorde est un village de vacances en construction. C’est joli, mais vide.

Funchal, la capitale, est à  30 km … 1h30 en bus !

Madère est la 1ère étape symbolique de mon périple. Pour y arriver, j’ai parcouru près de 1300 milles, et tout va bien à bord !

A bientôt !

PS : Pour mémoire, cliquer 2 fois sur les photos permet de les voir à taille normale, et … en entier !

PPS : Je mets à jour l’article  ”Oukilé ?”, mais je ne peux pas le faire “remonter”. Il est tout en bas du blog.

 

Lisbonne – Porto Santo : Concerto pour Piano* et Ensemble de cordages

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1er mouvement : Allegro con speedo

Départ de Lisbonne à marée haute pour profiter du courant descendant. Il y a une dizaine de milles ** à parcourir pour se dire sorti du Tage. J’étais arrivé contre le courant … j’avais trouvé ça un peu longuet.
A la sortie, le vent attendu est au rendez-vous, et se renforce comme prévu. Bon angle, bon cap, houle assez forte au début mais s’atténuant comme annoncé.
En 24 heures, le 1/3 de la route est fait.

Le vent tient jusqu’au milieu de la journée du 14. Top ! Le compositeur a écrit une très agréable partition.

2nd mouvement : Adagio con Volvo ***

Comme prévu aussi, ça ne pouvait pas durer. Le vent s’assoupit progressivement, et s’essouffle complètement vers 14h.  J’ai alors 2 options :

Je reste sous voiles et je prends mon mal en patience, ou bien je passe au moteur.
La météo me pousse à choisir l’option rapide (avec moteur) afin d’éviter des vents assez forts à l’arrivée sur Porto Santo.
Cela me fera arriver de nuit. Or, s’amarrer seul quand ça souffle fort est toujours un peu aléatoire. C’est un coup à réveiller quelques équipages de mauvais poil à 2 heures du matin …

Bon, allons-y quand même.

7 heures au moteur …, moi qui me plaignait du bruit à Lisbonne, je suis servi !
Finalement, le vent est de retour plus tôt que prévu. Renvoi des voiles à 22 heures.

Est-ce vraiment une bonne nouvelle ? Au lieu du vent de travers espéré, je ne suis pas loin du près. Je retrouve de la vitesse, mais je sens bien que ça ne va pas se passer tout à fait comme je l’avais imaginé.

Partition sans saveur particulière, des longueurs.

3ème mouvement : Allegro con fuoco e chochotto

Effectivement, le vent fraîchit régulièrement toute la journée du 15 (avais-je déjà précisé que « fraîchir » signifie « se renforcer » ?) et la mer, ne voulant pas être en reste, grossit (là, ça veut bien dire ce que ça dit ;) )
Le jeu est donc de diminuer la surface de la voilure au fur et à mesure, en anticipant toujours un peu.
Ma configuration de voiles est la suivante :
1 grand-voile avec 3 ris (donc 4 possibilités de surface) et 3 voiles d’avant (qu’on appelle communément « focs »).
Les 3 voiles d’avant sont :
1 génois (la plus grande, sur enrouleur, donc facile à réduire à volonté, et sans sortir du cockpit****, mais l’utiliser en petite surface trop longtemps n’est pas bon pour sa santé et moins efficace pour faire avancer le bateau).
1 trinquette (c’est le foc pour des conditions de vent assez soutenu. Dans mon cas, jusqu’à un peu plus de 20 noeuds).
1 tourmentin que je n’ai jamais utilisé (c’est un petit foc, pour des conditions de vent fort).

J’ai fait 2 erreurs (au moins !) La 1ère est de ne pas avoir gréé la bosse de 3ème ris avant de partir (pas besoin de savoir ce qu’est une « bosse », ça veux dire que je ne pouvais pas utiliser la version très réduite de la grand-voile). La seconde, c’est de ne pas avoir pensé assez tôt au tourmentin. A ce moment, il était trop tard pour que joue les funambules sur la plage avant.

Je réduis le génois, jusqu’à ne plus en avoir. Avec 2 ris dans la grand-voile seule, le bateau avance bien, trop bien même pour les conditions de mer. Les vagues étant hautes et courtes, le bateau tape sur l’eau de plus en plus fort. C’est là que le 3ème ris m’aurait permis de réduire la vitesse et d’éviter ces chocs, qui malmènent le matériel (faut imaginer la vitesse de déplacement de la tête de mât), … et le bonhomme !

Avant que la nuit tombe complètement, les 40 noeuds de vent sont atteints. Je mets les pouces et affale la grand-voile. Au moteur, vitesse réduite, vent et mer de travers, l’allure est relativement confortable, et je ne m’éloigne pas beaucoup de mon cap initial. Je retarde ainsi mon arrivée, qui se fera de jour.

Finalement, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Mais … !

On se rapproche de la fin du Concerto, et le compositeur, un peu m’as-tu-vu, a voulu que son final soit grandiose.
Oui, parce que, bon, il y a du vent, ça secoue bien, je suis trempé d’eau de mer depuis quelques heures déjà, mais comme il ne fait pas froid, la nuit (étoilée !) ne va pas être si pénible que ça.
Et c’est là que les percussions sont entrées en jeu : Orage à l’horizon !
C’est impressionnant en mer, un orage. L’horizon étant dégagé sur 360 degrés, il apparaît immense.
Je n’ai pas d’angoisses particulières sous un orage à terre, mais en mer, je trouve ça horrible. Mon mât me semble devoir inexorablement attirer la foudre.
Le ciel se couvre. Des langues noires enserrent le ciel au-dessus de moi. Pour les amateurs de Harry Potter (j’en connais ;) ), il ne manqué plus que l’apparition de la Marque des Ténèbres ! (Ils comprendront …)
Je dévie ma route vers l’ouest, mais un second monstre apparaît dans le nord. Je me vois souriceau cerné par 2 chats féroces. Ça durera 2 heures, à essayer de trouver comment me sortir de ce Son et Lumière infernal et grandiose. Jusqu’à (c’est comme ça que je l’ai vécu, on ne se refait pas) ce qu’une petite étoile (ma bonne étoile, forcément) apparaisse, puis d’autres, me montrant la route à suivre. Instant magique.

Alors, ceux qui ont de l’expérience, ils préconisent quoi en cas d’orage ? On s’en fout et on continue tout droit, où on essaie de contourner ? Merci de vos commentaires sur le sujet.

Finalement, le ciel ne m’est pas tombé sur la tête, à part quelques tombereaux d’eau tout de même, ce qui dessale bien !

Fin de la partition, le morceau n’a au moins pas manqué de diversité !

PS : Questions aux vrais voileux qui me font le plaisir de suivre ce blog : Comment passer une bosse dans la bôme en l’absence de messager ? L’enjeu est qu’elle sorte par le bon réa à chaque bout de la bôme. Là je bloque :(

(*) Un « piano » est un ensemble de bloqueurs où se rejoignent les bouts (cordages) qui permettent, entre-autre, de hisser les voiles (drisses).

(**) 1 mille nautique = 1852 mètres

(***) le moteur du bateau est de marque Volvo …

(****) Le cockpit est la partie arrière du bateau où se situe la barre.

Lisbonne : La vie anecdotique du marin en vadrouille …

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Je quitte Leixöes et la décharge flottante dans laquelle patauge Edelwenn le 7/10.

Un peu plus de 30 heures de navigation m’attendent, donc, malin comme tout, je décide de prendre une route assez au large pour éviter pêcheurs, casiers, filets. Un bateau ayant choisi la route “longe-côte”, me dira plus tard n’avoir vu rien ni personne … Bof.

Moi par contre j’ai eu une nuit animée, me retrouvant sur la route de nombreux cargos et … pêcheurs ! Alors oui, on est bien équipé : Les yeux, outils de base, le radar, qui voit tout mais nécessite de faire le tri, l’AIS, qui lui est précis (malheureusement tout le monde n’émet pas), mais qui ne dit pas si on est vu. Qu’un bateau de pêche me passe à moins de 50 mètres alors que j’ai dévié plusieurs fois m’a route pour le laisser passer n’est pas dangereux en soit … s’il m’avait bien vu. Dans le doute, ça occupe, et lui, ça l’a probablement beaucoup amusé !

Jeudi 8, arrivée à la Marina “Doca de Alcantara” de Lisbonne.

Originalité du lieu : Une passerelle piétonnière barre l’entrée et la sortie des bateaux. Mieux vaut avoir bien lu le guide des ports du coin parce que ce n’est pas quelque chose à laquelle on s’attend !

J’appelle poliment sur la VHF (canal spécial pour le dit-pont). Réponse claire et sans chichi : “eight minutes” (certains doivent s’extasier sur mes nets progrès en anglais :) ). Ceux qui ont regardé ma “trace” sur MarineTraffic se sont demandé ce que j’avais fabriqué à cet endroit là … Eh bien oui, je faisais des ronds dans l’eau, en jouant avec le vent et le courant à essayer de faire du sur-place. Passionnant.

Pile à l’heure, je me présente à nouveau. Yes ! Le pont est ouvert, et des voiliers sortent de la Marina à fond les ballons. Il y aurait de la place pour se croiser, mais je choisis de les laisser sortir avant de tenter une intrusion … Damned ! Le pont se ferme. Re-appel à la VHF, toujours aussi concis, le préposé au pont de la Marina “Doca de Alcantara” de Lisbone me dit “twelve minutes”. Re-ronds dans l’eau. Là je remarque que le cargo amarré juste à côté s’appelle “Kassos”. Héhé. Le délai passé, le pont s’ouvre, je pars à l’assaut. Ça passe. Enfin.

La marina accueille pas mal de grands vieux gréements, beaucoup de grands bateaux de voyage (des grands catamarans qu’on imagine dotés de véritables salles de bain, spa, salon, …), quelques énormes yachts à moteur pour millionnaires. Par contre, zéro accueil. La marina étant vraiment très vaste, on la traverse au ralenti (les voiliers de la taille d’Edelwenn sont dans le fond, allez savoir pourquoi), à la recherche de la place libre … On se met comme on peut, où on peut.

Amarré, je file respectueusement au bureau du port, afin de remplir les interminables imprimés de la bureaucratie maritime … Je tombe sur un type en colère, exécrable. Là, mon indigence en langues étrangères devient un atoût. Je ne comprends rien et après 2 jours et 1 nuit de navigation, je m’en fous ! Il me demande où j’ai mis mon bateau … Ah non, non, non, il faut le déplacer ! Là il commence à me courir sur le haricot l’asticot. Ok, mais demain matin. Là, je suis fatigué. Et je suis parti.

D’autres navigateurs ont eu droit au même accueil apparemment … Dans mon cas, comme je lui avais un peu coupé ses effets, il a eu sa vengeance le diable :

Mon téléphone s’étant suicidé entre Leixöes et Lisbonne en sautant dans l’eau (je l’aurais délaissé pour une tablette … plus jeune, plus … Enfin bon, des conneries quoi), j’ai demandé au charmant préposé à l’accueil de la Marina “Doca de Alcantara” de Lisbonne si je pouvais passer un coup de fil. Sa réponse aura été grandiose : “Oui … mais, pas d’ici”. Fin de discussion.

Après Leixöes, qui battait des records de saleté (de l’eau), la Doca de Alcantara bat tous les records de bruit.

On est tout près du pont métallique qui enjambe le Tage (Pont du 25 juillet). C’est comme si on avait la tête dans un nid de frelon. Un bourdonnement incessant ! Heureusement, régulièrement un avion décolle de l’aéroport et … couvre le bruit du pont. Ça divertit. La nuit, enfin, quand la circulation diminue et que le pont baisse la voix, on profite alors mieux des bruits du port de marchandises d’à côté … Du point de vue acoustique, c’est une expérience à vivre !

Bon et Lisbonne me direz-vous ? Ben, je n’ai pas eu le temps de visiter autant que prévu, faute au mauvais temps (le tourisme ne se conçoit que par beau temps, non ?), et faute à Edelwenn qui … prenait l’eau. Sans rire.

En fait dans l’embouchure du Tage, j’ai heurté une planche assez épaisse qui flottait entre 2 eaux. Un choc à l’avant, toc, un choc sur le safran, toc. On n’aime pas ça, mais ça ne semblait pas avoir pu causer d’avaries.

Ah tiens, si, le speedomètre (roue à aube située sous la coque, mais fixée par l’intérieur du bateau) ne fonctionne plus … aïe.

Le choc a soulevé ce petit engin d’à peine 1 cm, mais du coup, plus d’étanchéité. Et cela se situe nettement sous la ligne de flottaison.

Ça ne fuyait pas assez pour couler le bateau, mais j’ai dû éponger quelques litres étalés dans tout le fond du bateau. Une bonne 1/2 journée de nettoyage (parce que nettoyer les fonds d’un bateau suppose de virer d’abord tout ce qu’il y a au-dessus …). J’en connais 2 ou 3 qui se sont déjà dit, mais c’est bizarre, y a une goupille? non ?

La bonne nouvelle, c’est que je l’ai retrouvée. Elle était juste à côté … Depuis juillet. Hum, no coment, merci.

Et ? … Lisbonne ? Très, très belle ville. Lu-mi-neuse !!! Destination à inscrire sur vos tablettes pour un week-end de printemps de 3 ou 4 jours. Beaux monuments, rue piétonnes, l’omniprésence du fleuve, des ruelles qui n’en finissent pas de grimper, la gentillesse des gens. Je regrette de ne pas avoir plus en profiter.

À Lisbonne comme partout dans le monde, il y a des pubs irlandais. Héhééééé,  Irlande-France le dimanche 11 octobre …

Bon, finalement, les irlandais faisaient plaisir à voir autour du comptoir ;)

Lundi 12 octobre, je quitte la bruyante Doca de Alcantara, pour Porto Santo (archipel de Madère). Je devrais y arriver vendredi. Les routes s’allongent sérieusement.

À bientôt !

Porto : Ça ronchonnait sur les pontons de Leixöes !

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Arrivé vendredi 2/10, Edelwenn est en fait le 4ème bateau français de la journée.

Je fais donc la connaissance de … brestois baroudeurs (du Moulin-Blanc, tant qu’à faire), d’un concarnois (déjà baroudeur malgré son jeune âge), d’une quimpéroise journaliste, d’un normand-marseillais-nantais adepte de navigations rapides, et d’une … finlandaise architecte.

Tout ce très sympathique petit monde vise la traversée de l’Atlantique, mais par des chemins différents. Le plus expérimenté en est à sa 15ème transat … respect.

Nous serons 2 bateaux à passer par Madère, un autre vise plutôt le sud de l’Espagne puis le Maroc, le 4ème ralliera les Canaries directement depuis Leixöes. Personne ne souhaite s’éterniser trop longtemps à Porto. Nous sommes déjà début octobre, il faut fuir vers le sud rapidement.

Mais justement, une dépression est annoncée pour dimanche, et nous bloquera jusqu’à mardi matin.

Dimanche soir, le vent annoncé est au rendez-vous. Plus de 40 nds au plus fort. Du coup la nuit n’aura été bonne pour personne : les bateaux bougent beaucoup. On s’est tous levés au moins une fois pour vérifier les amarres, les doubler, voire les tripler.

L’ambiance du lundi matin était encore goguenarde … du style, on en a vu d’autres … Ouais, mais il ne fait pas beau, il pleut, il fait froid. On n’est pas venu là pour ça ! Alors demain on dégage d’ici ! A voir.

Après s’être bien calmé dans l’après-midi, le vent se renforce à nouveau dans la soirée, et on va donc repasser la même nuit, pas calme du tout … et pire, la météo est taquine : mardi pas de vent, comme prévu, mais houle de 4 mètres près des côtes. Les plus velléitaires abdiquent, les départs seront reportés à mercredi. L’ambiance est de moins en moins goguenarde …

Et voilà pourquoi, mardi, ça ronchonnait un peu sur le ponton-visiteurs de Leixöes …

Le port de Leixöes est pratique, et le coin n’est pas moche du tout dès qu’on s’éloigne un tout petit peu de la zone portuaire (dominée par les porte-containers et autres cargos). Porto est à une heure bus ou de tram.

Mais l’eau y est incroyablement sale ! Les bateaux baignent dans les détritus de tous genres. Et pour couronner le tout, le fort clapot provoqué par le coup de vent faisait un gros bouleau de “nettoyage” : chaque matin, les détritus étaient … sur le ponton. On en était pratiquement à devoir marcher sur la pointe des pieds !

Entre-temps, visite de Porto, ville qui a eu son heure de gloire mais il y a longtemps, et qui, m’a-t-il semblé, se refait une jeunesse petit à petit après une probable longue période de vaches maigres.

Du coup, les monuments spectaculaires côtoient les façades presque délabrées en plein centre-ville.

Au début assez dubitatif sur ce décor. Et puis, je réalise que Porto ne fait pas semblant, c’est tout. La ville est en phase avec la vie de ses habitants. Bonnes et moins bonnes fortunes ont droit de cité. Contrairement à nos centres-villes bourgeois hyper élitistes, Porto est … démocratique, et assume sa population.

Sa géographie trés accidentée (Brest, c’est tout plat à côté), donne à la ville un charme fou. De partout, on découvre une perspective différente sur la ville. S’y promener est un vrai plaisir (et un sport aussi !)

Et puis on arrive sur les quais. Rive droite, les longues promenades animées sur les berges du Douro, avec en toile de fond le Pont Dom-Luís 1er, construit par un disciple de Gustave Eiffel (et ça saute aux yeux !).

Rive gauche les caves de vins de Porto … Argh, laquelle choisir ??? Ce sera Ramos-Pinto. Ça sonne plus portugais que Graham’s, Cockburn, ou Taylor’s. Cela fera bondir les spécialistes, je m’en excuse auprès d’eux.

J’y ai goûté (voir la photo). J’en ai acheté. Veni, vidi, … bibi ! Et pi c’est tout ;)

Mercredi matin (7/10), départ pour Lisbonne. Je ferai route directe, soit 160 milles (pas loin de 300 km). Arrivée prévue jeudi après-midi.

A bientôt :)

 

 

 

 

 

 

Islas Cies

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J’avais lu et entendu dire : « Les îles Cies, c’est beau ». Bon, alors allons-y, c’est sur ma route.
Ah, il faut une autorisation …, ben … j’y vais demain … La Marina de Portosín m’arrange le coup, je recevrai mon autorisation en mer, par mail, 3 heures avant d’arriver ! Vraiment serviables, les gens de Portosín !

A l’approche, les îles Cies, ce sont des gros cailloux, hauts sur l’eau.
On longe tout d’abord une côte très escarpée, très boisée. Bon, c’est bien, c’est sauvage, la seule construction visible est un phare.
Puis apparaît une première plage. Bordée de pins, au sable très claire, en pente douce, l’eau prend des couleurs de carte postale … ah, tiens.
Le mouillage se trouve derrière la prochaine pointe  …
Encore quelques minutes puis apparaît l’originalité du lieu : Deux des trois îles Cies sont reliées par une très grande plage. Wouahhhh … C’est particulièrement beau !!!

Bizarrement, alors qu’on ne l’a pas vu de la journée, le vent se lève (encore une histoire de brise thermique ?). L’ancre à peine posée chasse un peu, puis s’accroche. J’ai confiance (hem, hem) …, donc je règle les alarmes de mouillage (en cas d’éloignement anormal de l’ancre, ça sonne. J’en ai deux, GPS et iPad). Et puis parce que j’ai une totale confiance dans l’électronique (hem, hem bis), je prends 2 relèvements que je contrôle de temps en temps (je crois bien toutes les 30 secondes au début …).

Vent du sud, mais froid. Pfff, le changement climatique …
1ère partie de nuit un peu agitée tout de même. Je reste sur le qui-vive (ben oui, inquiet quoi), mais ça tient très bien.

Le vent diminuant, j’arrive à dormir quelques heures.

Au matin, le paysage est vraiment idyllique. Tant mieux, parce que j’ai besoin de motivation :
Monter l’annexe sur le pont,
La gonfler,
La mettre à l’eau,
Descendre le moteur HB sans le foutre à l’eau,
Descendre dans l’annexe (sans se foutre à l’eau non plus),
Fixer le moteur.
Plus d’une heure, mais c’est la 1ère fois que le faisais seul.

Et, le moteur … démarre ! Alléluia !
Il est neuf, mais je ne l’avais jamais essayé. J’avais confiance … là aussi.

Arrivé sur la plage, le principe est de tirer l’annexe un peu au-dessus de la ligne de marée haute. Manifestement, je suis arrivé à marée basse …
J’ai joué au cheval de trait sous les yeux moqueurs de dizaines (centaines ?) de mouettes, pas effarouchées du tout tant qu’on n’est pas à moins d’un mètre d’elles.

Bref, opération « annexe » : 1ère phase réussie !

Pour la suite, les photos parleront d’elles-mêmes … Moi, j’ai été subjugué par la beauté de ces îles, manifestement très, et bien, préservées.

J’ai eu de la chance sur ce coup, c’est sûr. L’autorisation (que j’aurais dû demander 10 jours plus tôt), le temps (journée sans nuages, 25°), être hors-saison (j’ai croisé une dizaine de personnes dans ma journée tout au plus).

Ça m’a pris la journée pour faire presque tous les chemins proposés, très bien aménagés d’ailleurs. Pas une seule fausse note dans le paysage, sauf le débarcadère à touristes, comme partout.

Il me faut donc maintenant m’attaquer à la 2nde phase de l’opération “annexe” :

Tirer l’annexe dans l’eau (plus facile, ça descend. Les mouettes ne bronchent toujours pas).

Monter dedans, démarrer le moteur.

Et le moteur … ne démarre pas !

Garder l’air du gars qui maîtrise, toujours sous le regard des mouettes (si, si, j’en ai vu une qui avait l’œil goguenard …).

Bon, il a fini par démarrer. Le vent soufflant opportunément dans la bonne direction, j’avais déjà parcouru la moitié du chemin jusqu’à Edelwenn …

Monter dans le bateau, remonter le moteur, remonter l’annexe (en pensant à la fois où, avec Axelle, on l’avait transforméé en cerf-volant …), la dégonfler, la plier, la ranger … 1 bonne heure encore. Ouf !

Soirée tranquille, toujours devant la plage du Paradis-sur-Terre, égayée par la visite de la douane espagnole. Eux aussi avaient sans doute envie de passer une soirée devant la jolie plage … ?

Très courtois. 2 montent  à bord en demandant l’autorisation (pas osé dire non …) non seulement de monter, mais aussi de s’asseoir ! Un 3ème reste sur leur zodiac, très vigilant m’a-t-il semblé. Ils sont habillés, bottés et casqués pour partir à la guerre, mais sinon sympa.

Leur boulot : Recopier à la main ce qui est indiqué sur ma carte d’identité et les papiers du bateau (ça a pris pas loin d’une 1/2 heure), puis me faire signer leur formulaire. Buenas noce. Gracias.

Nuit tranquille cette fois. Levée du corps puis de l’ancre juste avant l’aube, j’ai de la route à faire aujourd’hui (vendredi 2/10), toujours au moteur malheureusement.

Route facile, peu de houle, mais il faut constamment zigzaguer entre les casiers, ça occupe.

En fait, c’est vraiment pénible car on ne peut rien faire d’autre que de regarder devant. Ils sont tellement au ras de l’eau qu’on ne les voit qu’au dernier moment.

Sinon, un beau lever de soleil, des dauphins (pas facile à photographier), une éolienne au milieu de l’eau, et l’urbanisation de la côte portugaise.

Arrivée vers 17h à Leixöes. Pas moins de 3 agents du port pour m’accueillir sur le ponton et me prendre les amarres. Ça, c’est de l’accueil ! Chaque jour, ils sont passés pour vérifier les amarres dès bateau visiteurs, même si nous étions à bord !

De Leixöes, je pourrai facilement aller à Porto et visiter cette ville (Ah ? Il y a des caves à visiter ? Je ne savais pas … on verra … peut-être …).

A bientôt.

 

 

 

 

Portosín

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Avec la Ría de Muros, tout a donc (pour ceux qui suivent) commencé dans le brouillard … et ce n’est que le surlendemain de mon arrivée que la belle a bien voulu me dévoiler ses charmes !
Plus grande, on n’y ressent pas le côté « cocon » de la Ría de Camariñas.
Mais je ne vais pas commencer à faire le difficile : C’est beau quand même !

Après ma journée de navigation les yeux écarquillés, pour voir ce que me cachait le brouillard (et ça marche : on finit par en voir, des trucs imaginaires !), j’appelle la Marina à la VHF, réponse pas très claire (je ne suis pas à l’aise avec l’anglais, et avec l’accent espagnol ça n’arrange rien), j’aurais apprécié quelque chose de plus rassurant (place, tirant d’eau, on vous attendait, …;)). Effectivement, à l’arrivée, chacun se débrouille, où il peut, comme il peut.
On est hors saison, de la place il y en a largement, c’est un petit port de plaisance, ce n’est donc pas choquant.

Coup de chance, un marin anglais, arrivé 20 minutes avant moi s’est précipité pour prendre mes amarres. Sympa.
Il voyage également en solo avec le même objectif de traversée de l’atlantique.
Son bateau s’appelle Enterprise, et pourtant, il ne s’appelle ni Kirk ni Spock, et je ne vous parle pas de ses oreilles …

Finalement, le personnel de la Marina est vraiment accueillant. Ces personnes m’ont vraiment bien renseigné pour mon escapade à Saint-Jacques-de-Compostelle, et surtout, m’ont obtenu  l’autorisation nécessaire au mouillage devant les Îles Cies, du jour au lendemain. J’aurai de bonnes raisons de leur en savoir gré (cf prochain billet).

Portosín est un port de pêche actif, où des bateaux de taille respectable sont assez nombreux. Beaucoup partent chaque jour vers 1 heure du matin, pour revenir dans la matinée. Le port de plaisance étant proche de l’entrée/sortie du port, j’ai été gaiement secoué par les vagues créées par eux, à chaque sortie, chaque retour, … Mais bon, eux, ils bossent.

Mercredi 30 septembre, je quitte ce coin agréable pour rallier les Îles Cies, qui ne sont qu’à une quarantaine de milles de Portosín.

À très bientôt :)

Nota : Vous l’avez peut-être déjà remarqué, en cliquant sur une photo, celà ouvre une nouvelle fenêtre. En cliquant à nouveau sur la photo, vous pouvez la visionner en taille normale.

Saint-Jacques-de-Compostelle

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Allez hop, j’enfile ma tenue de touriste, lunettes de soleil, appareil photo en bandoulière, sac à dos sur les épaules, et j’embarque dans le bus qui doit m’amener à Santiago de Compostela.
Une heure d’un trajet qui me confirme que la Galice est telle qu’on la perçoit du large : accidentée et boisée, vraiment très belle.

Après le bus, 10 minutes de marche pour arriver en plein centre historique, Praza do Obradoiro (en galicien). Difficile de ne pas trouver le lieu grandiose. Vraiment.

Pas de chance, des travaux en cours défigurent la façade de la Cathédrale. Une tour a déjà été restaurée et laisse présager qu’après la fin des travaux le monument sera magnifique.
Je n’ai pas été séduit par l’intérieur de la Cathédrale où alternent des styles qui ne se marient pas du tout.

L’intérêt de la visite de Saint-Jacques ne se limite pas à la Cathédrale. La vieille ville est grande et regorge de bâtiments et de rues entières de toute beauté. À chaque croisement, une place, un monument, des arcades … Les batteries de mon appareil photo puis de mon téléphone n’ont pas tenu le coup !